Cette Amitiée, si violente, si fragile, si tendre, si déséspéré. Cette Amitiée, Belle comme le Jour, et Mauvaise comme le Temps. Cette Amitiée si vrai, cette amitiée si belle, si Heureuse, si Joyeuse, et si dérisoire, Tremblant de peure comme un enfant dans le noir. Et si sur d'elle, comme une homme tranquille au milieu de la nuit. Cette amitiée qui faisait peur aux autres, qui les faisait parler, qui les faisait blêmir. Cette amitiée guetté, parce que nous la guettions, traqué, blessé pitétiné achevé nié oublié , Parce que nous l'avons traqué blessé piétiné achevé nié oublié. Cette Amitiée tout entière, si vivante encor, et tout ensoleillé. C'est la tienne, c'est la mienne, celle qui a été. Cette Chose toujours nouvelle. Et qui n'as pas changé. Aussi vrai qu'une plante, aussi tremblant qu'un oiseau, aussi chaude et aussi vivante que l'été. Nous pouvons toutes les deux aller, revenir, nous pouvons oublier et puis nous rendormir, nous reveiller, souffrir, vieillir. Nous endormir encore, rêver à la mort. Nous éveiller, sourire, rire et rajeunir. Notre amitiée reste là, Têtu comme une bourrique, vivant comme le désir, Cruel comme la mémoire, Bête comme les regrets , Tendre comme les souvenirs, Froid comme le marbre, Beau comme le Jour, Fragile comme un enfant, Elle nous regarde en souriant et elle nous parle sans rien dire et Moi je l'écoute en tremblant, et Je crie. Je crie pour moi, je crie pour notre amitiée.
Je crie pour toi.